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PÉNIBLE TRAVERSÉE

PÉNIBLE TRAVERSÉE photo-profil-facebook-200x300  Posté  05 /10 /2012

Henry venait d’assister à une scène horrible. Son beau-père venait de battre sa mère à cause de lui. Furieux, celui-ci décida de quitter la maison. Il laissa une lettre à sa mère qui disait ceci : « Mère, je suis fatigué de ces histoires entre ton mari et toi. Je constate que je suis l’épicentre des querelles alors je pars. Je ne sais pas où, mais Dieu me guidera. A Dieu mère, je t’aime».

Quant à Flora, un soir de retour de son travail, elle trouva une lettre sur la table et constata que la maison était à moitié vide. Elle lut la lettre et se mit à couler des larmes. Son mari venait de lui avouer toute la vérité qu’elle soupçonnait depuis longtemps.

Henry alla au jardin public de la commune du plateau pour se consoler. Assis sur un banc, il pleurait et son mouchoir à la main, il essuyait ses larmes. Entre temps à l’autre bout du jardin se trouvait Flora. Elle pensait aux bons moments et se souciait de son futur sans son mari. Flora entendit des gémissements et des pleurs d’une personne. Malgré sa propre douleur qui la rongeait et qu’elle endurait, elle prit son courage pour s’approcher. Quelle fut sa surprise de voir un si beau jeune homme les yeux remplis de larmes ! Elle décida de le consoler et de converser avec lui. Chose qui ne fut pas facile pour elle dans le premier temps.

Jeune homme, qu’est ce qui se passe pour que vous pleurez de la sorte, lui demanda t- elle ? Celui-ci ne dédaigna même pas regarder la personne qui lui adressait la parole. Flora ne voulait pas le laisser seul dans cet état. Elle rétorqua

- Jeune homme, qu’est ce qui se passe ?

- S’il vous plait laissez-moi tranquille, je veux être seul, je ne veux pas vous parler, ni vous voir. Flora ne se découragea pas pour autant après les propos d’Henry. Elle insista

- Mon nom est Flora Kassy Klaman et je voudrais vous parler.

- Je ne suis pas disposé, s’il vous plait laissez-moi tranquille méditer sur mon sort. Je souffre dans ma chair et dans mon âme. D’une voix suave, il s’exprima.

- Laissez-moi partager ou soulager cette souffrance. J’ai besoin de parler à quelqu’un. D’un geste de la main, elle caressa les cheveux d’henry qui avait la tête baissée.

Furieux, Henry se leva et jeta enfin un coup d’œil sur cette personne qui l’agaçait. Il se rendit compte que cette dame était aussi triste. Ses yeux étaient rougeâtres. Il sentit qu’elle avait pleuré. Ne pouvant pas rester insensible, il décida de lui adresser la parole.

- Madame, je ne sais pas qui vous êtes, d’où vous venez, mais en ce moment, j’ai trop de soucis et un énorme problème à résoudre.

- N’êtes vous pas un garçon ? Vous coulez des larmes comme une fille. Henry se sentit attaqué, frustré et touché dans son orgueil par cette phrase. Il décida de riposter

- Oui madame, je suis un garçon mais il y’a des situations qui nous font prendre conscience de notre féminité.

- Arrêtez de m’appeler Madame, je suis Flora Kassy.

- Oui, j’ai compris, lui dit-il.

- Quelle est cette situation qui a mis à nu ta féminité ?

- Je suis une mauviette, une fille dans la peau d’un garçon. Je n’ai pas pu réagir à temps.

Elle lui demanda d’être plus explicite et voulait en savoir plus.

- Pourquoi n’as-tu pas pu réagir ? Et contre quoi devrais-tu réagir ?

- Cela sera très long à vous expliquer.

- J’ai tout mon temps pour vous écouter jeune homme, lui fit-elle entendre.

- Arrêtez de m’appeler jeune homme, je me nomme Abokan N’zué Henry.

- Bon, Henry, je vous écoute maintenant.

Henry passa quelques minutes à fixer Flora et se demandait intérieurement pourquoi cette dame s’acharnait sur son histoire. Il se décida à parler mais proposa à Flora qu’ils se tutoient.

Henry commença à raconter son histoire sous l’oreille attentive de Flora.

- Je vivais avec ma mère dans un studio en paix avec ma petite sœur. Voilà qu’un jour, elle vint m’informer que son amant voulait l’épouser.

- C’est très bien le mariage, c’est le rêve de toute femme.

- Tu peux me laisser continuer Flora.

- Oui, oui, excuse-moi, lui fit-elle savoir.

- Je disais, il voulait épouser ma mère. Au début, j’étais heureux comme toi, mais hélas le malheur allait arriver après le mariage.

- Ah ! Bon ?

- Oui, seulement un an après le mariage, mon beau-père décida que ma mère m’expédie chez mon père.

- Mais non, ne t’a-t-il pas trouvé avec ta mère avant qu’il l’épouse ?

- Si, mais il disait à ma mère qu’il ne voulait plus élever un enfant bâtard

- Ce n’est pas possible !

- Eh si, Flora. Alors une dispute s’engagea entre ma mère et son mari. Il la frappa, refusait souvent de lui donner l’argent du marché. Il l’humiliait devant les gens. Pour ne plus faire trop de dépenses, il ramassa tous ses enfants pour les envoyer chez sa deuxième femme.

- Quoi en plus, il a une deuxième femme ! C’est puni par la loi.

- Mais, que peut faire une femme analphabète devant cette situation. Elle ne connaissait pas ses droits. Il découchait très souvent et à chaque fois qu’il rentrait, les histoires étaient au rendez-vous.

- Cela n’est pas gentil, ce monsieur abuse de l’ignorance de ta mère pour lui faire tant de mal.

- Ma mère seule s’occupait de mes études mais lui voulait coûte que coûte que je quitte sa maison. Il faisait toujours les histoires et cela devenaient de jours en jours insupportables.

- Mais, c’est triste et incroyable ton histoire Henry. Lui dit-elle

- Alors j’ai décidé de fuir la maison après qu’il eut déplacé le poignet de ma mère et lui eut flanqué plusieurs coups de poing au visage.

- Mais, ta mère…

- Ma mère, je l’aime de tout mon cœur, je lui ai laissé une lettre pour lui signaler que je partais à l’inconnu.

- Je suis vraiment désolé et je te remercie pour ton courage car dans la vie il y’a des hauts et des bas alors il faut assumer.

- C’est pourquoi je pleurs, Flora, j’aurais bien voulu aider ma mère à sortir de cette galère.

Ne pleurs plus, c’est Dieu qui t’a conduit ici dans ce jardin. Il savait pourquoi il t’a envoyé à moi.

Henry était étonné de la réaction de Flora car il avait du mal à comprendre où elle voulait en venir. Il lui demanda

- Dieu m’a guidé vers toi comment cela ?

Flora fixa Henry droit dans les yeux et décida de lui raconter son histoire. Elle se sentirait soulager de se libérer.

- J’ai connu Serge, lui dit-elle, un homme formidable, aimable et serviable. Un amour est né de cette connaissance et de cette amitié. Nous avons vécu dans une parfaite entente dans notre maison. Cet amour a duré trois ans mais au fur et à mesure que les années avançaient l’intensité diminuait et notre amour se détériorait. Dès les premières années, il m’a signifié son intention d’avoir un enfant.

- Ah ! Bon ?

- Après plusieurs tests effectués dans les meilleurs hôpitaux, rien n’a été concluant.

- Et l’indigénat ? Lui demanda Henry.

- Nous avons essayé les remèdes traditionnels, mais rien n’y fit. Nous avions effectué de nombreux voyages à la recherche d’un enfant. Alors à la suite, je constatai qu’il rentrait tard à la maison. Il refusait souvent de manger ma nourriture. Le comble était ses parents qui me traitaient de sorcière. Je soupçonnais qu’il avait une maîtresse. Je n’avais pas de preuve.

- Mais, il fallait discuter avec lui pour adopter un enfant.

- Je le faisais très souvent mais à peine j’abordais ce sujet qu’il se levait. Il refusait d’aller jusqu’aux bouts de la conversation. Un jour, je décidai de le suivre en cachette.

- Tu es courageuse, Flora, pour épier ton mari.

- Ce n’était plus mon mari depuis longtemps il ne me touchait plus. Je découvris qu’il avait effectivement une maîtresse.

- Et alors, qu’est-ce que tu as fait ? Lui demanda Henry

- Je lui ai dit la vérité et il piqua une crise de colère. Il me lança à la figure des méchancetés. Il me fit savoir que j’étais un arbre sec qui ne pouvait pas donner de fruits.

- Oh ! Dieu qu’il est méchant

- Ce n’est pas tout, hier à ma grande surprise, de mon retour du travail, il a plié tous ses bagages en me laissant une lettre.

- C’est incroyable !

- Dans sa lettre, il m’informa qu’il me donnait la maison et tout ce qui restait pour me remercier des trois ans passés à ses côtés. Il partait vivre avec sa nouvelle famille.

- Quoi ! Sa nouvelle famille !

- Oui, sa nouvelle famille, il avait une fille de six mois. Il me signala de ne plus espérer le voir, ni croire que j’avais un mari.

- Il est mauvais, ton homme.

- Tu vois, moi, je ne pleurs pas pour cela, bien que j’aie très mal. Dieu sait ce qu’il fait.

- Tu es courageuse, je t’envie.

- Pourquoi ? Lui demanda-t- elle

- Ce courage m’a manqué dans mon cas.

- Non, je te comprends, tu dois être fort pour affronter la vie.

- Mais comment l’affronter si je n’ai personne sur qui compter ou pour m’aider.

- Ne t’en fais pas, Dieu a toujours quelque chose pour tout un chacun.

- J’espère qu’il me viendra en aide aujourd’hui car je ne sais pas où dormir cette nuit.

L’atmosphère était détendue et la causerie était relaxe. Il y’avait maintenant une ambiance fraternelle et amicale. Tous deux avaient des problèmes mais à force de dialoguer leurs soucis s’atténuaient. Flora demanda à Henry

- Qu’est ce que tu fais dans la vie ?

- Je suis étudiant en licence d’histoire à l’Université de Félix Houphouet Boigny

- N’as-tu pas d’ami où passer la nuit ?

- Non, je n’ai personne à part ma mère.

- Et tes oncles, tes tantes.

- Je ne connais chez aucun d’entre eux.

- Mais où allais-tu quand tu as quitté la maison ?

- Je ne sais pas, je n’avais aucune idée.

-Et ta mère ?

- Je lui ai écrit que je partais et je l’aimais.

- Ne va-t-elle pas s’inquiéter pour toi ?

- Je le sais, mais il fallait que je parte car l’atmosphère était devenue invivable.

- As-tu pensé à son chagrin ? Lui demanda Flora

- Je ne pouvais plus voir et supporter la souffrance de ma mère à cause de moi

- Elle va plus souffrir si elle n’a pas de tes nouvelles.

- Je sais, mais je veux la laisser vivre en paix avec son mari.

- Tu penses que c’est cela qu’elle veut ?

- Non, c’est ce que son mari veut. Alors si je quitte la maison, il va peut-être laisser ma mère vivre en paix.

- Et ta mère, as-tu pensé à elle ?

- Je suis conscient de mon acte mais il faut toujours un début à tout.

- Mais…

- Arrête, je suis fatigué de parler de moi et toi que feras-tu après le départ de ton mari.

- Ce n’est plus mon mari.

- De ton ex-mari.lui demanda henry avec un petit sourire au coin des lèvres.

- Je vais refaire ma vie, elle ne va pas s’arrêter parce qu’il est parti.

- Tu ne l’aimes donc pas ?

- Si, je l’aime mais lui non. Et en plus, il a fondé une nouvelle famille.

- Et ton entourage, et ta famille ? Qu’est ce qu’ils vont en penser ?

- S’ils me demandent, je leur dis la vérité, rien que la vérité. Tu sais souvent la vérité libère.

- Pourtant tu es une belle femme pleine de vie et d’amour.

- Cela ne suffit pas pour garder son homme, il faut le satisfaire.

- Est-ce ta faute si tu n’as pas eu d’enfant avec lui ?

- Il n’a pas compris, pour lui c’est l’enfant qui consolide l’amour entre un homme et une femme.

- Moi, je ne connais pas grande chose de la vie de couple. Lui dit-il

- Il faut te préparer à cela, tôt ou tard tu seras confronté à cette situation.

- Pour le moment, je me demande où je vais passer la nuit. C’est cela qui est ma priorité.

Tous deux se mirent à rire et ils avaient oublié pour quelques instants leurs soucis. Flora rétorqua

-           Ne t’en fais pas pour cela, j’ai une idée.

-           Quelle idée ?

-           Ne sois pas pressé Henry, parle-moi encore de toi.

-           Pourquoi, veux-tu que je te parle de moi.

-           Je veux savoir plus sur toi.

-           Que veux-tu faire avec mon histoire ?

-           Tu le sauras au moment opportun. Est-ce que tu as mangé ?

-           Non, je ne peux pas penser à mon ventre actuellement alors que mon être souffre.

-           Il ne faut pas te déprimer. Viens, que je t’offre le petit déjeuner, proposa-t-elle.

-           Non, merci, je n’ai pas faim.

-           Après ces moments passés à tes côtés, tu n’as pas confiance en moi.

-           Je suis inquiet et j’ai peur.

-           Ne t’inquiète pas tu es un grand garçon, Dieu à quelque chose pour toi.

-           J’espère, lui fit savoir Henry.

Ils se dirigèrent à la sortie du jardin public, main dans la main. L’entente était à son comble. Flora l’envoya à la cafétéria pour prendre un bon petit déjeuner. Elle lui donna des conseils sur la vie. Durant tout le repas, Henry ne faisait que penser à sa nouvelle situation. Il sera un clochard errant dans la cité et quémandant de l’argent pour se nourrir. Il voyait sa vie défiler devant lui. Elle le regardait très souvent et le voyait rêvasser devant sa tasse de café. Elle lui demandait d’arrêter de s’inquiéter et de manger. Il ne pouvait pas manger, sa douleur et sa rage envers son beau-père lui rongeaient le cœur. Après tant d’efforts, il finit son petit déjeuner. Son visage était rempli de haine et son cœur de rancœur. Flora proposa à Henry de l’accompagner à son lieu d’habitation. Il ne savait pas pourquoi, il suivait cette femme. Il fut étonné par la grandeur de la maison. Henry demanda à Flora de lui laisser un temps pour contempler la devanture avant de pénétrer dans la maison. Elle ouvrit la porte et Henry fut ébahi par la splendeur de l’intérieur de la maison. Henry ouvrit la bouche et grand les yeux pour admirer tous les recoins de la maison. Elle lui fit asseoir et lui remit de l’eau à boire. Après avoir bu cette eau bien glacée, Henry demanda à Flora :

-           Quelle est belle ta demeure !

-           Merci, c’est ici que j’habite seule depuis hier. C’est Dieu qui t’a conduit à moi.

-           Pourquoi cela !

-           Je me sens seule dans cette grande maison, aimerais-tu vivre ici avec moi ?

-           Quoi tu plaisantes !

-           Non, je suis dans tout mon sérieux et dans ma sincérité.

-           Je crois que je n’ai pas le choix, je ne sais pas où aller et où passer la nuit.

-           C’était cela mon idée. Lorsque, je te répétais à chaque fois Dieu t’a envoyé à moi.

-           Je ne sais pas comment te remercier pour ta gentillesse.

-           Il faut qu’on informe ta mère, as-tu son numéro du domicile ?

-           Oui, je l’ai dans mon calepin.

Flora prit le numéro et appela la mère d’Henry. Elle était contente de savoir que son fils était en bonne santé. Elle posa plusieurs questions à Flora et lui demanda de veiller sur son fils. Flora la rassura de surveiller Henry et très bientôt elle irait lui rendre visite. Henry prit le téléphone et parla à sa mère qui était en pleurs. Il ne pouvait pas s’empêcher de couler des larmes lui aussi. Sa mère lui dit :

-           Fils, je ne t’ai pas rejeté.

-           Je sais mère, mais il fallait que je parte parce que tu souffrais trop à cause de moi.

-           Je ne t’ai pas accouché pour que ce soit quelqu’un d’autre qui t’élève. Pardonne-moi mon fils. Je ne suis pas digne d’être mère.

-           Non, mère ne dit pas cela, c’est moi qui t’ai créé trop de problèmes et je devrais partir depuis longtemps. Ne pleurs plus, Dieu est grand.

-           Dit merci à cette dame au cœur d’or.

-           J’ai compris mère, sache que je t’aime. A bientôt

-           Au revoir, mon fils que Dieu te protège. Viens me voir vite.

-           J’ai entendu, mère, bonne nuit.

Henry se mit à contempler la maison de Flora de fond en comble. Il constata que la maison était composée de trois chambres, une cuisine, une douche plus un W.C et un grand salon. Flora l’hébergea dans l’une de ses chambres. A son réveil, le matin, il se rendit compte que la maison était à lui seul. Flora était allée au travail, mais elle n’avait pas oublié de lui remettre un billet de 1000 FCFA pour son déjeuner. Henry lui avait informé qu’il ira prendre ses bagages chez sa mère la veille. Flora ne trouva pas d’inconvénient à cela c’est ainsi que très tôt le matin elle mit le trousseau de clés au chevet du lit d’Henry. Elle se rendait au travail sans se soucier de sa maison qu’elle laissait dans la main d’un inconnu. Flora avait eu confiance en Henry dès les premiers instants où les yeux se sont rencontrés. Son instinct ne lui jouait jamais de tour, elle savait qu’Henry était un garçon honnête.

Flora était une secrétaire de direction dévouée à la tâche et rigoureuse dans son travail. Son patron reconnaissait en elle une femme battante. Personne de sa société n’était au courant de sa séparation avec Serge. Elle était humble et discrète ce qui faisait qu’elle avait peu d’ami dans sa structure. Sa journée de travail était très simple elle devrait vérifier les rendez-vous, mettre à jour le carnet de son patron. Elle travaillait dans une agence de voyage (espace voyage) située à Treichville non loin du centre hospitalier universitaire. Sa beauté ne laissait personne indifférent dans la structure mais tous avaient peur de l’approcher. Seul son patron pouvait la faire sourire de temps à autre. La société était en association avec une autre société de voyage installée en France plus précisément à Marseille. Chaque année, deux agents étaient envoyés en stage de perfectionnement. Cette année, Flora n’était pas sur la liste des partantes qui aura lieu dans deux mois.

Cette nouvelle vie qui venait d’être accordée à Henry et à Flora mettait du baume dans le cœur de chacun. Il fallait laisser derrière soit le passé et vivre le présent sans crainte du lendemain. L’horizon n’était plus morose, ni triste mais la lumière du soleil transperçait cette obscurité pour laisser apparaître la joie de vivre.

Henry rendit visite à sa mère au marché. Elle vendait de la banane et quelques condiments (sels, oignons, et des pigments). C’est grâce à sa vente de bananes et ses condiments qu’Henry a pu arriver à ce niveau universitaire. Dès qu’elle vit son fils, elle commença à couler des larmes. Les femmes du marché qui étaient au courant de sa souffrance dans son foyer s’approchèrent d’elle. Elles lui demandèrent de se taire et que Dieu était au contrôle de toute chose. Henry tomba dans les bras de sa mère et il la serra contre lui. Elle regarda attentivement son fils et lui dit :

-           Mon fils, je ne t’ai pas abandonné, pourquoi planterais-je un arbre et refuserait de l’arroser pour qu’il grandisse. Ne m’en veux pas.

-           Mère, je ne t’en veux pas, je te comprends, ce n’est pas ta faute.

-           Mon fils, si l’homme était comme le maïs, j’aurai enlevé la peau pour voir les grains avant de manger. J’étais heureuse à l’idée de vous trouver un toit, un cadre où vous pourriez bien grandir. Le mariage était mon seul issu mais…

Elle ne put terminer sa phrase, les larmes coulaient sur ses joues. Ses camarades lui demandèrent de prendre courage et d’arrêter de pleurer.

-           Ne pleurs plus maman, prie pour moi, Dieu est grand. Lui dit-il.

-           Moi qui croyais que le mariage rimait avec joie, gaieté et amour. Je me suis trompé car mon mariage n’est qu’un cauchemar, plein de tristesse et de désolation. Mon fils promet moi que si un jour tu devais te marier, vit d’abord longtemps avec cette fille pour mieux la connaître.

-           Oui mère, je ne manquerai pas de mettre en pratique tes conseils.

-           Il faut le faire mon fils car cela a été mon erreur. J’ai sauté sur l’occasion sans réfléchir. Aujourd’hui, je vois que ce mariage était trop parfait. Il avait bien mijoté son coup et il fallait trouver un cobaye. Sa retraite était proche alors il fallait se marier pour toucher l’argent de sa retraite et aussi l’argent des enfants encore mineur.

-           Mère, laisse pour toi à Dieu car il n’oublie pas ses enfants. Sache que je t’aime et je t’aimerai de tout mon cœur, tu es ma mère et tu resteras la seule.

Henry était assailli de conseils de tout part, par les femmes venues encourager sa mère dans cette épreuve douloureuse. Il écoutait attentivement leurs conseils et tous lui souhaitaient bonne chance dans sa nouvelle vie. Elles lui rappelèrent de venir voir très souvent sa mère. Elle lui fit savoir que le chemin du Marché n’était pas fermé. Henry prit congé de sa mère et des femmes du marché. Il était heureux de savoir que sa mère avait compris son départ. Il alla dire un au revoir à son meilleur camarade Biley Erick Jean et prit toutes ses affaires. Son camarade n’était pas content de son départ mais le soutenait dans son choix. C’était avec lui qu’il partageait ses joies et ses peines, il le considérait comme son frère. La petite sœur d’Henry pleurait de ne plus revoir son frère à la maison. Ses sœurs et frères par alliance étaient indiffèrent à son départ. Il monta dans le taxi et ne prit pas la peine de regarder en arrière. Pour lui une nouvelle page de sa vie venait d’être tournée.

Sa joie était grande lorsqu’il pénétra avec tous ses bagages dans sa nouvelle demeure. Il revivait de nouveau et il remercia le seigneur de lui avoir fait cette grâce. Henry rangea ses habits dans les deux placards qui se trouvaient dans sa chambre. Il prit soins de placer ses livres et cahiers sur la petite table qui se trouvait dans ce lieu. De retour de son travail, Flora alla prendre une douche avant de réchauffer le poulet qu’elle a acheté pour le dîner. Assis autour de la table, Flora demanda à Henry de lui relater sa journée. Il informa Flora qu’il s’est rendu chez sa mère, ensuite à la maison pour prendre ses bagages. Elle le regardait parler, alors elle sentait en lui une grande assurance dans sa parole. Flora était ravie, contente car elle savait maintenant qu’Henry n’avait plus de crainte. Henry demanda à son tour à Flora de lui faire le compte rendu de sa journée de travail. Celle-ci lui fit savoir que tout s’était bien passé dans son service. Elle raconta une histoire que son patron lui avait dite. Tous deux se mirent à rire tellement l’histoire était drôle. L’ambiance était relaxe, ils regardèrent ensemble la télévision après avoir pris un bon dîner. Flora prit congé d’Henry car elle devra se lever très tôt pour le boulot. Henry demanda la permission d’utiliser la lumière pour préparer sa composition de deuxième session. Elle lui rétorqua sur un ton moqueur.

-           Ici, c’est chez toi alors arrête de me demander la permission pour prendre la cuillère, la fourchette, le verre, te laver, d’utiliser ceci cela. Mets cela dans ta tête une fois pour de bon tu es chez toi.

-           Oui, Flora, j’ai compris

Elle alla se coucher laissant Henry seul au salon pour étudier son cours sur la Côte d’Ivoire et son peuplement. Il passa une bonne nuit et à son réveil, Flora était déjà partie au travail. Il fit le petit déjeuner et reprit sa « bosse ». Il était content d’avoir une maison si grande à lui seul. Il étudiait dans le calme et la tranquillité. Personne ne le dérangeait à ses heures d’études. Il n’avait pas encore d’ami dans son nouveau quartier. Il sortait rarement et ne faisait attention à personne. Les commentaires allaient de bon train sur sa venue dans cette maison. D’autres pensaient qu’il était le petit frère de Flora, certains pensaient qu’il était le frère du mari de Flora. Personne ne pouvait lui demander car il ne s’adressait à personne. Une semaine passa, Henry demanda la permission d’aller voir sa mère. Flora promit qu’elle irait avec lui le dimanche suivant. Arrivée à la maison, Henry trouva son beau-père assis dans les fauteuils. Il lui adressa ses salutations mais celui-ci répondit avec une froideur dans sa voix.  Il dévisagea Henry avec un regard rempli de haine et de mépris. Celui-ci se dirigea à la cuisine où se trouvait sa mère. Elle l’embrassa avec beaucoup d’amour, alors il se sentait rassuré. Le regard méchant de son beau-père l’avait quelque peu assommé. Il retrouva ses esprits lorsqu’il sentit l’amour de sa mère. Il n’y a rien de tel que l’amour d’une mère. Elle était contente de voir son fils et de le toucher. Elle lui posa plusieurs questions auxquelles il n’avait pas encore fini de répondre et il s’ensuivait d’autres questions. Henry resta avec sa mère jusqu’au soir et elle lui signala que son mari n’avait jamais demandé après lui. Henry n’était pas étonné de ce comportement de la part de celui-ci. Pourquoi se soucier de mon sort ? Il se sent soulagé puisqu’il s’est enfin débarrassé de moi ; fit savoir Henry à sa mère. Henry appela Flora pour l’informer que sa mère insistait à venir avec lui pour connaître la maison. Flora ne trouva pas d’inconvénient même si elle avait voulu se déplacer pour la voir. Elle s’attela à accueillir la mère d’Henry. Le réfrigérateur étant vide, il fallait le remplir de boisson et des fruits. Après tant d’effort la douche l’attendait car fallait qu’elle soit belle pour la mère d’Henry. Flora était impatiente d’attendre et cela faisait près d’une heure qu’Henry avait annoncé leur arrivée.

posté 16/09/2013

La mère de celui-ci décida d’offrir des présents à Flora alors ils se rendirent au marché. Ils arrivèrent avec deux régimes de bananes et un poulet pour remercier Flora. Elle installa la mère d’Henry au salon et demanda à Henry de mettre les présents à la cuisine. Durant ce bref temps, la mère d’Henry contemplait la demeure de Flora. Elle était épatée par la beauté de la maison. Elle n’avait pas imaginé cela dans sa pensée. Les nouvelles furent données par Henry, après que sa mère eut ingurgité une grande quantité d’eau bien glacée. Sa mère remercia Flora pour sa gentillesse, pour sa bonté et pour son hospitalité envers son fils. Celle-ci en retour la remercia pour son cadeau. Henry se sentant de trop se retira, et laissa les deux femmes à leurs causeries.

La mère d’Henry dit à Flora :

-           Ce cadeau est insignifiant devant ta grande générosité. Si, je pouvais faire plus que cela, je l’aurais fait. Comment une personne peut faire ce que vous avez fait pour mon fils ? Je ne sais pas avec quoi vous remercier.

-           Non, la « vieille », je l’ai toujours dit, c’est Dieu qui a conduit votre fils à moi.

-           Ma fille, j’aimerais savoir et votre mari, qu’est ce qu’il en pense ?

-           Quoi, Henry ne vous a rien dit ?  Demanda-t-elle toute surprise.

-           Non, il ne m’a rien dit sur votre mari.

-           La « vieille », je suis célibataire. J’avais un homme dans ma vie, mais il vient de me quitter pour fonder une nouvelle famille.

-           Oh ! yako ma fille, du courage.

-           Merci la « vieille » j’ai déjà cicatrisé la blessure. Votre fils est pour beaucoup dans cette guérison. Son histoire m’a tellement touché et bouleversé que j’ai décidé qu’il vient vivre avec moi.

-           Que Dieu te protège ma fille et qu’il te récompense au centuple. Merci, la « vieille ».

-           Ma fille, excuse-moi pour ma curiosité mais comment vas-tu faire lorsque tu auras de la visite.

-           La « vieille », ne t’inquiète pas pour cela, je présenterai ton fils comme mon frère et cela passera.  Et de surcroît, je n’ai pas de compte à rendre à qui que ce soit.

-           Ma fille, mon fils est très timide, il parle peu et chose bizarre jusqu’à son âge, il n’a pas de petite amie. Je compte sur toi pour le faire changer et surtout le surveiller.

-           Mais la « vieille », c’est plus un enfant ton fils. Il est très consciencieux de son avenir.

-           Oui, je sais cela. Mon souhait ait qu’il ne vient pas se faire de nouveaux amis ici pour venir bonder ta maison.

-           Ma maison est la sienne et c’est mon petit « mari ».

Les deux femmes se mirent à rire pour laisser éclater leurs joies. La mère d’Henry demanda à partir après avoir pris le dîner. Elle remit de l’argent à Henry et remercia de nouveau Flora. Elle lui dit en ces termes : « Je vous laisse mon fils, veillez sur lui et que Dieu vous garde pour toujours ».

Henry passa avec brio sa seule unité de valeur qui lui restait pour valider sa licence. Flora envoyait très souvent des hommes à la maison ce qui ne gênait aucunement Henry. Elle était très discrète dans ses relations amoureuses et ne se confiait à Henry lorsqu’il y’avait un blocage. Il essayait d’apporter des idées mais c’était en vain. Il était novice dans les affaires de sexe et était mal placé pour lui donner des conseils. Flora pensait qu’Henry était homosexuel car il n’abordait jamais ce sujet. Lorsqu’elle soulevait un débat sur les relations sexuelles, il se dérobait et changeait rapidement le sujet. Flora pour le taquiner lui demandait très souvent qu’il vienne présenter sa copine. Henry se consacrait qu’à ses études pour lui c’était le plus important. Il s’inscrivit pour la maîtrise d’histoire et il avait auparavant déposé ces dossiers dans les différents établissements privés de la place. La chance était avec lui, il fut choisi après un test physico-technique à enseigner au collège « la Réussite ». Flora était fier d’Henry, sa mère était la plus heureuse car elle voyait la fin de ses souffrances. Les années passèrent, Henry était toujours avec Flora tous deux dans cette grande maison. Tous les habitants du quartier avaient mis l’étiquette de mari et femme à Henry et Flora. Ils étaient maintenant inséparables dans leurs faits et gestes. C’était pourtant qu’apparence, chacun avait gardé sa chambre et ce qui avait changé c’était la parfaite intimité entre les deux. Ils se partageaient maintenant les charges de la maison. Henry avait les moyens financiers pour s’occuper de sa mère et sa petite sœur ; Flora annonça à Henry qu’elle ira faire un stage de travail en France en fin d’année. Henry était heureux pour Flora et se décida à son tour de lui dire qu’il avait déposé ses dossiers dans plusieurs universités françaises. Les relations entre eux devenaient maintenant plus rapprochées sur le plan affectionne. Henry racontait les histoires de ses élèves à Flora. Il avait des difficultés surtout avec les jeunes filles qui n’arrêtaient pas de le draguer et le harceler. Quelque fois ses collègues femmes l’invitaient dans l’intention qu’il leur déclare son amour. Il avait depuis son jeune âge fait des serments : « Ne jamais boire, ne jamais fumer et la fille qui lui fera perdre sa virginité sera sa femme ». Il résistait à ne pas succomber à la tentation qui au fur et à mesure devenait insupportable.

Flora était heureuse que Dieu lui ait présenté ce garçon exceptionnel. La famille de Flora la harcelait depuis deux ans pour qu’elle se trouve un autre mari après le départ de Serge. Elle commençait à s’inquiéter de cette entente trop suspecte entre le jeune Henry et leur fille. Le père de Flora était contre cette ambiance qu’il qualifiait de malsaine. Il proposa à sa fille de se trouver un homme mûr et capable de survenir à son avenir. Son père était vraiment furieux de la décision de sa fille. Flora avait décidé de présenter Henry à sa famille qui n’arrêtait pas de la harceler. Elle annonça à celle-ci qu’Henry sera son futur mari. Elle leur avoua que cela faisait deux ans qu’elle sortait avec Henry. Dans son cœur, elle savait bien qu’il soit encore puceau. Flora leur informa qu’il était professeur d’histoire et géographie et qu’il préparait actuellement sa maîtrise de recherche en histoire. La famille avait du mal à croire qu’il existait une relation amoureuse entre Flora et Henry. Elle refusait qu’un si jeune homme partage le lit de leur fille, elle concevait cela difficilement. La famille fut obligée d’accepter cette union qui n’en était pas une. Elle tomba dans le piège tendu par Flora. Pour Henry cela était un jeu qui n’aura pas de conséquence sur sa vie. Durant près de trois ans qu’il était avec Flora, il la considérait comme sa grande sœur et sa confidente. Flora après cette victoire sur sa famille devrait découdre avec ces admirateurs. Elle ne cachait plus cette relation fictive à ses collègues. A toutes les réunions de famille et surtout dans des sorties entre collègues Henry était présent. Ceux qui les voyaient pour la première fois étaient stupéfaits de ce couple pas ordinaire. Henry ne trouvait pas d’inconvénient à cela, pour lui c’était un amusement.

Peut-on s’amuser avec le feu tout en sachant qu’il brûle ? A force de souhaiter une chose, il est très probable qu’il se réalise. Ces deux êtres ont été choisis pour vivre dans cette grande maison ? Nul ne peut échapper à son destin. Est-ce que le destin de Flora et celui d’Henry était lié ?

Tout porte à croire que cela était écrit quelque part que la route de Flora et d’Henry se croiseront. Depuis la délivrance, Flora était très proche d’Henry. Henry ne comprenait pas trop les intentions de Flora qui l’intriguaient énormément. Elle lui proposait des sorties à la plage, des sorties dans les bars climatisés, au cinéma. Henry avait peur de l’allure que prenait sa cohabitation avec Flora. Elle lui faisait des trucs qu’il n’aimait pas trop. Elle lui donnait des baisers sur la bouche et non sur la joue et maintenant elle partait l’attendre devant son collège. Elle l’appelait très fréquemment sur son portable pour prendre de ses nouvelles. Henry constatait que ce n’était plus un jeu comme il avait pensé au début. Les choses allaient de pire en pire pour Henry. Il fut obligé d’admettre que cette relation fictive ne le sera plus pour longtemps. Maintenant, chaque soir, il avait droit à un baiser avant d’aller au lit. Henry avait du mal à dormir à force de se poser des questions. Une nuit, il décida de se rendre aux toilettes. Sa chambre faisait face à celle de Flora et la douche était à l’extrémité de l’allée. Il alla se soulager dans la douche dès qu’il eut fini son besoin, il se dirigea tranquillement à sa chambre. Il n’avait jamais imaginé un instant ce qu’il allait voir. Tout d’un coup à quelques mètres de sa porte, Flora ouvrit la sienne. Elle s’apprêtait aussi à aller faire son besoin. Henry fut surpris de voir Flora sans robe de nuit et portant uniquement un string tout blanc. De grosse paire de seins arrondis et un corps splendide se dressaient devant lui. Émerveillé par ce spectacle, il fit quelques secondes avant de céder le passage et alla dans sa chambre. Flora ne manifesta aucun signe de gêne et se dirigea directement dans la douche sans dire mot. Toute la nuit Henry ne put dormir, cette scène lui traversait l’esprit. Il ne croyait pas mais c’était la réalité et non un rêve. Le matin, il se sentait gêner devant Flora qu’il n’arrivait pas à comprendre son attitude. Celle-ci lui demanda pour la première fois depuis qu’il était dans cette maison : « As-tu bien dormi ? »

-           Oui, merci, lui répondit-il

-           J’ai une chose à t’annoncer.

-           Qu’est ce que s’est ? demanda henry tout étonné

-           La société a organisé une réception à l’honneur des agents qui partiront en stage et j’aimerais que tu m’accompagnes.

-           Cette manifestation aura lieu quand ?

-           Ce samedi.

-           J’ai compris, on ira ensemble à cette fête. Lui dit-il

-           Bon, je vais au travail. CIAO !

-           Bonne journée, on est à ce soir.

-           Au revoir.  Avec un sourire aux bouts des lèvres

Henry se posa plusieurs questions, pourquoi fait-elle comme s’il n’y avait rien. Il se sentait mal dans sa peau et cette scène l’a traumatisé. Il ne termina pas son cours au collège et ne se rendit pas à l’université. C’était la première fois de sa vie qu’il voyait une femme nue et il avait des sensations de culpabilité. Ce jour-là, il se coucha très tôt pour éviter Flora. De son retour du travail, elle constata qu’Henry était couché. Elle crut qu’il était malade mais celui-ci lui fit savoir qu’il était fatigué. Toute la nuit plusieurs idées lui traversaient l’esprit. Il avait du mal à dormir, il n’arrivait pas à s’expliquer le comportement de Flora. Il souffrait dans sa peau. Cette tentation était trop grande pour lui.

Peut-être était-ce un signe pour lui signaler qu’il était mature.

Peut-être avait-elle envie de lui.

C’était un hasard ou une coïncidence peut-être.

Ce qu’il trouvait étrange c’était son air d’innocent comme si rien ne s’était passé la nuit dernière. Elle n’avait montré aucun signe de surprise ce qui l’intriguait. Très tôt le matin, il se leva et alla voir son ami Biley Eric. Il raconta son histoire à son ami qui lui donna des conseils. Celui-ci lui conseilla d’effacer cette grande timidité et cette peur bleue de la femme. Il proposa à Henry de cacher sa timidité derrière l’alcool le jour de la réception. Henry lui fit savoir que cela sera difficile puisqu’il ne buvait pas de l’alcool. Son ami lui persuada que c’était pour l’occasion ainsi il pourra faire le premier pas qu’elle attend depuis longtemps. Il promit mettre en pratique cette technique qu’il n’appréciait pas trop. Henry se rendit chez sa mère au marché pour avoir de ces nouvelles. Elle sentit que son fils avait quelque chose qui le tracassait. Les mères ont toujours cet instinct de détecter en leurs fils leurs soucis. La mère d’Henry poussa son fils à lui dire ce qu’il y avait comme problème mais celui-ci clama haut et fort qu’il n’y avait rien de grave. Henry alla retirer son costume au pressing et paya une chaîne en or plaqué pour Flora.

Les habitants du quartier regardaient le « jeune couple » sortir de leur maison. Ils savaient qu’il partait pour une fête. Ils admiraient Henry et Flora car pour eux ils formaient un joli couple. Ils se rendaient à la manifestation bras dessus, bras dessous. Ceux qui n’étaient pas habitués à les voir ensemble s’étonnaient de voir un si jeune homme de vingt-cinq ans (25) en compagnie d’une femme de trente-cinq ans (35).

Pourquoi lorsque le contraire se présente personne ne crie au scandale ?

Arrivée à la fête c’était le même étonnement de la part de certains invités. Les plus curieux se posaient des questions à l’oreille, ils murmuraient. Les commentaires allaient de bon train. Assis parmi les personnalités de la circonstance, Henry se sentait vraiment inutile dans cette fête. Le soutien de Flora le remontait le moral. Tous ceux qui avaient le courage de lui demander qui était ce jeune, Flora leur répondaient fièrement que c’était son fiancé. Furieuse, Flora alla voir son Directeur pour présenter son fiancé et arrêter ces commentaires déplacés à son encontre. Elle prit le micro et fit les présentations à haute voix. A la fin de sa présentation, elle dit ceci : « Est-ce un mal d’aimer plus jeune que soit ? Que la fête continue, on est là pour s’éclater »

Henry n’aurait jamais pensé un instant que Flora  pourrait agir de la sorte. Il se sentait stupéfait et grandi de l’attitude de Flora. Elle convaincue tous ceux qui doutaient et qui étaient sceptiques. Henry décida de passer à la technique de son ami alors il ingurgitait une bonne quantité de champagne. Flora l’invita à danser des zouks, des slows avec effet de boisson, il ne refusa pas. Il racontait à tous ceux qui lui demandaient qu’il était professeur d’histoire et géographie. Il racontait aussi qu’il préparait un mémoire de maîtrise sur « Le palmier à huile dans la vie des lagunaires ». Il ne se gênait plus devant les personnalités car l’alcool faisait son effet. Flora décida de rentrer avec lui à la maison pour ne pas se sentir ridicule devant ses collègues. Elle arrêta un taxi pour le domicile, Henry arrivait à peine à tenir sur ses pieds. Dans le taxi qui les ramenait à la maison, Flora le fit coucher sur le siège arrière. Henry supplia Flora à rester près de lui. Chose qu’elle fit car elle se reprochait de l’avoir mis dans cet état. Assisse, sa mini jupe se retroussa permettant ainsi à henry de se délecter. Sa tête sur ses belles cuisses, Flora caressait doucement ses cheveux et Henry était très sensible à ces caresses. Il sentait un frisson envahir tout son corps malgré son état d’ivresse. Arrivée à la maison, Flora l’envoya prendre une douche pour faire passer la dose d’alcool. Quelques minutes après, Henry revint s’asseoir près de Flora dans les fauteuils. Elle le regard et dit : « Tu as une bonne mine maintenant mon chéri » Henry lui fit un petit sourire sans dire mot. Elle le laissa seul au salon et décida d’aller prendre à son tour une douche. Elle ne prit pas la peine de fermer la porte. Henry voulant se rendre dans sa chambre constata cela. Il ne se fit pas prier d’épier Flora sous la douche. Elle ne se gênait pas de la présence d’Henry qu’elle voyait grâce au miroir. Henry sentit sa verge tenir raide devant lui. C’était la deuxième fois que cela lui arrivait face à la nudité de Flora. Sa conscience l’empêchait d’aller la rejoindre sous la douche. Son inconscient le galvanisait plutôt à rentrer et caresser ce si beau corps. Il se décida à rentrer derrière Flora qui était toute nue. L’eau ruisselait sur son corps et Henry s’agrippa à elle comme un lion qui venait d’attraper sa proie. Flora ne fit aucun geste de surprise, elle attendait ce moment depuis très longtemps. Henry commença à sucer l’eau qui coulait sur son corps, à l’embrasser partout. Elle sentit qu’Henry était très limité dans ce domaine alors elle prit les opérations en main. Flora l’embrassa et lui caressa tout le corps avec une certaine maestria. Il croyait rêver, lui Henry faire des attouchements à une femme. Flora lui murmurait à l’oreille des mots doux. Elle lui dit : « J’ai envie de toi, je veux te posséder avec amour. Fais-moi l’amour dans cette douche ».

-           J’ai peur de ne pas être à la hauteur de tes espérances. J’ai peur de ne pas arriver à te satisfaire. Lui répondit Henry.

-           Laisse toi aller et ne t’inquiète pas mon chéri. Je vais te guider, n’aie pas peur, c’est très facile de faire l’amour à une femme.

-           J’ai compris.

Elle prit les commandes avec une grande maîtrise en soi et sans honte. L’eau continuait de couler sur leurs corps nus. Elle lui fit une fellation dans cette douche qui était le seul témoin de cet acte d’amour. Henry la pénétra avec douceur et avec prudence pour ne pas échouer à son premier examen. Il y’avait longtemps qu’elle n’avait pas fait l’amour, elle soupirait de joie et de bonheur. Henry était conscient de son acte, il venait de perdre sa virginité dans cette douche en compagnie de Flora. Il ne laissait pressentir aucun regret ni crainte quant à la suite de cette première étape. Ils s’amourachèrent sous la douche, avant de continuer leurs ébats amoureux dans la chambre. Sous les draps, ils consommèrent leur amour sans contrainte et sans honte. Ils étaient responsables de leurs actes cette nuit-là. Ils passèrent ensemble une nuit formidable, époustouflante et émotionnelle. Henry n’avait jamais ressenti cette joie intérieure et quant à Flora, elle n’avait jamais atteint l’orgasme avec son ex-mari. Elle fut comblée, satisfaite de cette nuit mémorable. Flora se sentait rajeunir et redevenue femme de nouveau. Cette nuit fut le début d’une histoire d’amour entre Henry et Flora.

 

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inspecteur.etoo@yahoo.fr

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A propos de inspecteuretoo

- Sous Directeur des Relations Publiques au Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique - Chargé de la communication digitale au cabinet du ministre MESRS - Vice – Président de la commission communication et marketing de la Fédération Ivoirienne des Sports Universitaires (FIVSU) - Doctorant en géographie option rurale - Co-concepteur du concours du plus beau sourire du mois sur facebook - Auteur du roman "l'Amoureux Malheureux" sur edilivre.com - Acteur de cinéma à la structure Afri’kart production

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