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Seul contre tous

19756437_114177069213604_1829969520534307137_nD’ un pas mal assuré, je m’approchai du maître. Lui d’un regard plein de rage me dévisageait . Je ne pouvais pas imaginer un instant que mon geste aurait pu le mettre dans cet état. La tête baissée en signe de désolation, je ne puis placer mot lorsqu’il  s’adressa à moi.

-          Jérôme, m’interpella-t-il.

À peine si ma voix était audible, tremblante.

-          Oui, maître c’est–à dire…

 -          Arrête, je n’ai pas besoin de justificatif, les faits sont là. Tu sais tout le monde pouvait me faire cela sauf toi mon majordome. Me dit-il tout furieux.

 J’aurais voulu ne pas être là en ce lieu, tellement, je me sentais mal très mal.

-          Jérôme ! insista le maître.

-          Oui, maître est répondu  avec une voix pleine de tristesse.

 

Avec un calme olympien, il me dit ceci, je suis obligé de te punir pour cette faute grave, j’aurais voulu que cela arrive à un autre employé, mais je dois montrer l’exemple aux autres boys.  C’est avec le cœur meurtri que je le fais. ». »

 Arrêter sur mon maître comme un piquet,  lui tournoyait dans son fauteuil de commandement avec devant lui un fouet tressé en cuir sur sa table. Je me souviens comme si cela était hier quand l’ami du maître m’avait demandé  ce service  qui me vaut cette punition.

Jérôme m’avait-il dit, ton maître Jean de Bosco  me demande de te dire qu’il ne viendra pas  pour le déjeuner. Alors rassemblent son cognac et son vieux vin  bordeaux, donnent-les moi  pour que, je les apporte chez moi. Nous sommes réunis pour échanger sur la situation politique qui prévaut actuellement.

 

Sans poser de questions, je fis ce que l’ami du maître m’avait demandé. En plus, j’insistai.

-  Ne vous a-t-il pas demandé d’ajouter sa liqueur préférée. 

- Oui bien sûr, ajoute cela au colis. me répondit-il avec empressement.

C’est avec empressement que je fis le colis pour ne pas mettre l’ami du maître en retard. Oui, l’heure était grave. La ville était en ébullition. Les maîtres blancs sentaient une révolte proche. Nous, on exécutait sans trop broncher, notre devise bouche fermée, yeux fermés, et oreilles bouchées. On se mettait très loin des conversations des blancs. Le colis fait, j’accompagnai l’ami du maître à la porte. D’habitude, j’ouvrais la porte et l’accompagnais à sa voiture « Berlin 540 » rouges. Ce jour-là, dès que j’ouvris la porte, point de voiture, mais plutôt un carrosse et le comble aucun chauffeur. Il prit le colis entre mes mains et accéléra son rythme de pas vers le carrosse. Chose encore plus bizarre, la direction que prit l’ami du maître n’était pas celle de sa maison. Bref, je ne fis pas trop attention à ces coïncidences. Mais, je trouvais cela un peu bizarre. Je retournai à mes occupations sans m’imaginer que je venais de commettre une bêtise. Cela allait me mettre dans une situation inconfortable quelques heures de temps après.

Le maître signe son arrivée toujours avec le klaxon striant devant le portail. Nous étions tous avertis. Seul, lui avait le droit de se permettre cela. Le gardien de la demeure était vacciné de cette attitude du maître. Même, les chiens aussi aimaient bien le vacarme du maître. Ils aboyaient tous pour informer la demeure que le maître était là. Pour certaines personnes de la demeure  cela les gênaient énormément. Ce vacarme permettait aux autres employés d’arranger les dernières choses. Chacun trouvait pour son compte dans cette attitude du maître. Tous ceux qui approuvaient ce bruit , cela leur permettaient de ne pas être surpris. Ainsi, lorsque le maître entre chez lui, nous devions automatiquement arrêter ce que nous faisions pour être à sa disposition.

Tous sans exception, c’est lui seul qui nous libère. Dès qu’il entre le festival commence, il laisse ses phares de voiture allumer sur la demeure et les chiens eux aboyant font le tour de sa voiture à plusieurs reprises. C’est notre quotidien  depuis qu’il a ramené sa voiture « Hanover » couleur noire de Paris. Nous supportions cela depuis près de 5 ans. Personne ne pouvait dire mot après tout, c’est le maître des lieux. Nous en tant qu’employé nous subissions et l’acceptions malgré tout.

Je suis à son service depuis près de 15 ans. Avant avec son carrosse, il était simple et réservé. Depuis la venue de sa Hanover, son comportement a changé. La violence et arrogance étaient ses traits caractères. À chaque venue du maître, après ses balades, nous avions la même posture. Nous nous alignions tous dans la cour à l’attendre comme la venue d’un chef d’Etat à l’aéroport.

Je suis maintenant habitué à force de chronométrer. Il restait cinq minutes dans la voiture pour laisser faire le show de ses chiens. À sa descente, il prenait cinq secondes devant chaque employé. Nous étions au nombre de cinq dans la demeure. À chaque fois, chacun avait sa remontrance. Nous étions habitués à cela. À chaque remontrance nous répondions « oui maître ».

Moi, j’avais toujours la même remarquable qu’il me faisait. 
« Jérôme, j’espère que tu as bien rangé mes vêtements. Si, je constate une tâche, je te coupe les couilles et je te les mange. » Me rétorquait-il.

Dans un coin de la demeure, était assise dans un canapé madame gracia Jeanne. Cette femme d’une gentillesse inouïe me faisait pitié. En effet, elle avait l’habitude des humeurs de son mari. Son tempérament était opposé à celui du maître. Elle était timide et très calme de nature. Je l’aimais bien, mais ce qui était sûr les blancs étaient tous les mêmes. Seuls les intérêts primaient, ils étaient avec toi parce qu’ils pouvaient en tirer profit. Malgré ta loyauté, ta gentillesse, il ne fallait pas aller contre leur intérêt. J’allais l’apprendre à mes dépens.  Bref, il alla directement voir sa femme. Avec le même refrain « Belle la vie en Afrique », elle lui répondait toujours avec un sourire.

C’était lui seul qui nous donnait l’ordre de continuer nos tâches. Nous nous dispersions comme des fourmis sur lesquelles on mettait le feu. Nous nous retrouvions alignés en haie au salon. Les cuisiniers, le gardien, les femmes de ménage et moi, majordome. À cette deuxième séance, nous étions là pour répondre à une seule question commune « qu’est-ce que je dois savoir de bon pour ne pas me gâcher ma journée ? » Chacun avait son tour de rôle à la parole chronométrée de deux minutes maximum. Dès que vous finissiez le maître pouvait vous retenir près de lui ou vous renvoyer loin de lui.

« Hors, de ma vue, nous disait il très souvent ». 
Lorsque, je pris la parole sa mine était joviale, car le maître cuisinier venait de lui annoncer le menu du jour. La purée de bananes plantain accompagnée de la sauce légume avec du poisson frit. C’était son menu préféré.
- Maître votre ami à la « Berline 540 rouge » est passé prendre le colis. Lui dis-je 
- Quel colis Jérôme ? Me demanda-t-il 
- Le colis que vous lui avez demandé de prendre.
- C’est quoi ? Je n’ai pas de souvenance. Bon laisse-moi déguster mon plat préféré, on en reparle dans mon bureau.

A lire la suite prochainement

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Inspecteur étoo

 

A propos de inspecteuretoo

- Sous Directeur des Relations Publiques au Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique - Chargé de la communication digitale au cabinet du ministre MESRS - Vice – Président de la commission communication et marketing de la Fédération Ivoirienne des Sports Universitaires (FIVSU) - Doctorant en géographie option rurale - Co-concepteur du concours du plus beau sourire du mois sur facebook - Auteur du roman "l'Amoureux Malheureux" sur edilivre.com - Acteur de cinéma à la structure Afri’kart production

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